Les printemps arabes et les dissidences au sein des islams.

Oui, et encore oui aux différentes formes de blasphèmes, elles disent notre refus de l’ultra-monde et notre désir de vivre pleinement notre « destin » d’ici-bas, maintenant et pleinement !

Oui, il faut dire et re-dire les problématiques inhérentes aux dissidences au sein des islams à partir des révolutions arabes. Je sais que du monde dit « arabe », voire « arabo-musulman ». me parviendront de nombreux échos, mais ce matin j’écris de ma Suisse « tranquille » et après une très coutre émission de 4 mn sur Couleur Trois (RTS.ch)

– Dans nos espaces européens, les islams connaissent depuis plus de deux générations le phénomène du « passage à l’Ouest » et de la mondialisation !
l’existence d’un islam arabe, berbère, kurde, afghan, perse, turc, balkanique, tchétchène, etc., rend caduques toutes les visions culturalistes et essentialistes. Il y a aujourd’hui une religion qui apprend à se désincarner et des populations musulmanes qui négocient leurs nouvelles identités, y compris dans la « confrontation » entre elles et avec les expressions des autres monothéismes, de la sécularisation, de l’incroyance.


L’erreur que font les politiques de la sociale démocratie à l’extrême gauche et l’extrême droite, sans parler de la quais totalité des médias, c’est de continuer de parler des « populations immigrées » d’origine musulmane, et de leurs « formes identitaires ethno-culturelles » incompatibles avec notre spécificité « judéo-chrétienne ». Or, les grandes tendances actuellement au sein des islams en Europe sont en phase avec celles de la religiosité et non religiosité en Europe : l’individualisation et la désinstitutionnalisation de la religion, la sécularisation, la spiritualisation, l’apprentissage du pluralisme, l’intégration du doute et de la réflexivité, le refus du voile, celui imposé par le patriarcat, les frères et les mosquées. Ces « constats » inviteront sans doute à rendre à l’affirmation de l’islam en Europe la banalité qu’elle méritait, mais également sa modernité. S’agissant des Printemps arabes, je n’ai jamais vu dans un média européen une seule référence à la vie sexuelle ! Je suis frappé et, c’est le moins qu’on puisse dire, par le peu de place faite au sexe dans « les Printemps Arabes », ne baisait-on pas Place Tahrir au Caire, dans les rues adjacentes, celles de Tunis dans les maquis de Libye , voire de Syrie ?
Modernité qu’il faudra saisir également à travers ses multiples productions (romanesques, cinématographiques, théologiques re-visitées, scientifiques, etc.) qui « travaillent » aussi directement ou indirectement les sociétés « musulmanes » de provenance (Maghreb, Asie, Afrique, Moyen-Orient).

Lausanne, le 27 septembre 2012
Ahmed Benani

http://www.rts.ch/couleur3/programmes/le-dossier/4267845-retour-sur-l-embrasement-du-monde-musulman-27-09-2012.html?f=player%2Fpopup

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