Grèce Succès de la grève générale

Paris, 19 février 2012. Manifestation en solidarité avec le peuple grec.

Depuis quelques mois, le gouvernement de la « troïka intérieure » (Nouvelle Démocratie, le parti de la droite, Pasok et Gauche démocratique, une scission du Synaspismos) tentait de trouver dans quelles poches taper pour trouver les 11, 6 milliards d’euros, « caution » qui lui permettrait d’obtenir en octobre le versement attendu de 36, 5 milliards versés dans le cadre du memorandum. Eh bien, pas de surprise, malgré les effets de manche du Pasok et des amis de Fotis Kouvelis : diminution des retraites (3, 5 milliards doivent être économisés dès 2013), coupes dans les salaires, mise en disponibilité de 15 000 fonctionnaires, et cela au moment où les services publics sont dans un état chaque jour plus lamentable. La troïka peut être satisfaite : le Premier ministre fier à bras Samaras est un serviteur zélé du capital !
Pour dire non à cette nouvelle attaque contre le niveau de vie de la population, une grève générale a eu lieu le mercredi 26 septembre, appelée par GSEE (Confédération du secteur privé) et Adedy (secteur public). Après la grosse mobilisation début septembre à Thessalonique, beaucoup se demandaient si la lassitude de ces journées fermement cadenassées à 24 heures de grève allait être la plus forte, sur fond de découragement. C’est tout l’inverse qui s’est passé : la grève a été fort bien suivie dans le pays, avec des secteurs totalement arrêtés, et les manifs qui ont eu lieu dans de nombreuses villes étaient assez fortes. À Athènes, au moins 50 000 personnes ont défilé dans la manif unitaire, avec, comme toujours hélas, un cortège à part du courant syndical du KKE (PC) avec 12 à 15 000 manifestantEs. Par rapport à d’autres manifs, si celle-ci a vu défiler quelques très gros cortèges, surtout de la fonction publique (DEI : électricité, OLME : enseignants du second degré…), beaucoup de cortèges étaient bien plus battants que ces derniers mois. À noter : un point fixe sur la manif de syndicalistes du spectacle rappelant à quel point, en période de crise, il est hors de question d’accepter le sacrifice de l’action culturelle ! Et encore : un gros bloc libertaire ainsi que ceux d’Antarsya et des syndicats de base ainsi que de Syriza et de son courant syndical. Fait nouveau, les manifestants ont protégé les cortèges d’une manière plus efficace qu’avant, et les flics ont eu du mal à trouver des prétextes pour casser la manif ! Par contre, alors que les agressions des petites frappes nazies contre les immigrés sont quotidiennes, très peu de mots d’ordre de solidarité avec les immigrés ou pour envoyer en prison ceux qui demain s’en prendront aux travailleurs… Pourtant, en voyant la force massive de la colère ouvrière ce mercredi, on ne peut que se dire que le moyen radical d’écarter le danger fasciste, ce ne pourront être que des mobilisations prolongées et auto-organisées, non seulement refusant les nouvelles mesures de misère (sans oublier les exigences de la troïka de faire travailler six jours par semaine, avec horaires flexibles !), mais rompant dans le cadre de mobilisations ouvrières à l’échelon au moins européen avec la logique de repli nationaliste de tous les mémorandums du capital, passés ou à venir !
Andreas Sartzekis, Athènes, le 1er octobre 2012

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