Palestine vivra ! Palestine vaincra !

samedi 8 décembre 2012

ManifestationPalestine

Nouveau massacre contre le peuple de Gaza, reconnaissance de la Palestine comme membre « observateur » à l’ONU, de nouveau l’histoire s’emballe pour la Palestine. La politique belliciste et raciste d’Israël ne saurait être endiguée par cette avancée diplomatique. D’ailleurs, qui pourrait donner crédit à la volonté de paix de l’état sioniste, quand, 48 heures après cette décision qualifiée d’historique par les médias, celui-ci annonce en réponse une nouvelle phase de colonisation en Cisjordanie et un étranglement financier de la Palestine.
Ce dossier aborde les questions essentielles que sont la mort du processus initié par les accords d’Oslo, la question des réfugiés, et la campagne BDS dont est partie prenante le NPA. Nous reviendrons prochainement sur la situation dramatique des prisonniers. Plus que jamais, le NPA soutient la lutte du peuple palestinien.
Dossier coordonné par la commission Moyen-Orient Palestine du NPA

La fin de la parenthèse d’Oslo
Le 13 septembre 1993, Yasser Arafat et Yitzakh Rabin se serrent la main sur la pelouse de la Maison-Blanche. Cette poignée de main « historique » inaugure, selon les commentateurs avisés, une nouvelle ère, fondée sur la reconnaissance mutuelle, la négociation et la coopération, qui devra déboucher, au plus tard en 1999, sur une paix définitive entre Israël et les Palestiniens. Avec les résultats que l’on connaît.
Abbas veut « sauver la paix »
Le 29 novembre 2012, dans le discours qu’il prononce devant l’Assemblée générale des Nations unies, Mahmoud Abbas explique ce qui suit : « Notre démarche ne vise pas à mettre fin à ce qui reste du processus de négociation, qui a perdu ses objectifs et sa crédibilité, mais elle est plutôt destinée à essayer de donner un nouveau souffle aux négociations. » Il s’agirait donc bien, dans l’esprit d’Abbas, de ranimer le « processus de paix », et surtout pas de l’enterrer. Et pourtant, les 19 années séparant la poignée de main de Washington et l’admission de la Palestine à l’ONU comme « État non-membre » ont démontré que le cadre du processus d’Oslo, à savoir le principe d’une solution négociée, par étapes, entre Israël et les Palestiniens, sous l’égide des États-Unis, avait favorisé l’extension de la colonisation et la dégradation des conditions de vie des Palestiniens. Le « processus de paix » n’a rien apporté aux habitants de Cisjordanie et de Gaza, bien au contraire, et il est particulièrement étonnant de constater que celui qui s’autoproclame seul représentant légitime des Palestiniens semble vouloir le relancer.
Un appareil d’État qui joue sa survie
Pour comprendre cet apparent paradoxe, il est essentiel de revenir sur l’une des dispositions essentielles du processus d’Oslo : la création d’une autorité intérimaire chargée d’administrer les zones palestiniennes évacuées par l’armée israélienne à partir de 1994, connue sous le nom d’Autorité Palestinienne (AP). Le temps s’écoulant, l’AP a trouvé sa propre raison d’être, avec le développement d’une couche sociale (ministres, conseillers, responsables des forces de sécurité, négociateurs, etc.), bénéficiant de gratifications matérielles et symboliques, dépendantes, non pas de la satisfaction des droits des Palestiniens mais de la survie de l’appareil d’État et de l’existence du « processus négocié ». Il n’est dès lors guère surprenant que l’AP tente, contre vents et marées, de maintenir en vie l’illusion du « processus de paix », même si l’appareil d’État sans État, présidé aujourd’hui par Abbas (bien que son mandat ait expiré en janvier 2009), est devenu un sous-traitant des autorités d’occupation, chargé de maintenir l’ordre dans les zones palestiniennes et de répartir les centaines de millions de dollars d’aide déversés chaque année dans les territoires occupés.
Gesticulations diplomatiques
Le décalage entre, d’une part, le rôle fonctionnel de l’AP au sein du dispositif de l’occupation israélienne et, d’autre part, la lutte des Palestiniens pour la reconnaissance de leurs droits, se retrouve dans ces déclarations d’Hillary Clinton devant un think tank sioniste de Washington, le 30 novembre dernier, c’est-à-dire le lendemain du vote négatif des États-Unis à l’ONU : « Avec très peu d’argent, et sans ressources naturelles, ils [les dirigeants de l’AP] ont accompli beaucoup de choses, dont la construction de forces de sécurité qui travaillent tous les jours avec l’armée israélienne. Ils ont aussi des succès entrepreneuriaux. Ils sont nationalistes, mais essentiellement laïques. Israël devrait les soutenir. »1 Des propos qui en disent long, émanant d’une secrétaire d’État qui ne fait pas mystère de son soutien inconditionnel à l’État d’Israël, en révélant à quel point les gesticulations diplomatiques d’Abbas ne correspondent en rien aux évolutions de la situation sur le terrain, quand bien même elles lui permettent de se refaire, provisoirement, une santé sur la scène internationale.
Un nouveau cycle
Loin de la comédie des Nations unies, l’événement le plus marquant de ces dernières semaines est en réalité l’offensive contre Gaza et ce qu’elle nous a dit, tant sur les évolutions régionales que sur le Processus d’Oslo. La marginalisation ­d’Abbas, invisible durant les bombardements et les négociations de trêve, la centralité du Hamas, interlocuteur incontournable au niveau régional, le rôle moteur d’une Égypte qui ne s’est pas contentée d’obéir aux consignes israéliennes, et le soutien populaire à la résistance armée, indiquent que le temps d’Oslo est révolu. Le cycle d’Oslo est en train de se refermer, et avec lui le principe d’un « règlement » de la question palestinienne imposé par les États-Unis et Israël à des interlocuteurs palestiniens qu’ils ont eux-mêmes choisis, le tout avec l’assentiment des pays arabes.
Un nouveau cycle, produit des processus révolutionnaires en cours et de la faillite d’Oslo, s’est ouvert : la démocratisation du monde arabe et la résorption du fossé entre la solidarité populaire avec les Palestiniens et l’hostilité historique des dictatures à leur égard modifient les rapports de forces et permettent d’envisager de sortir du cadre étroit des « solutions » envisagées depuis une trentaine d’années.
Julien Salingue
1. Haaretz, 1er décembre 2012

Droit au retour !

En Jordanie vivent presque 2 millions de réfugiés palestiniens, dont 300 000 dans les camps. Au Liban, 400 000 réfugiés, dont la moitié dans les camps. En Syrie, 400 000 réfugiés, dont un quart dans les camps. En Cisjordanie, 700 000 réfugiés de 1948, dont 200 000 dans les camps. Dans la bande de Gaza, 1 million de réfugiés de 1948 et de 1967, dont la moitié dans les camps. Au total, plus de 4 millions de réfugiés sont enregistrés par l’Unrwa, l’Agence des Nations unies pour le soutien aux réfugiés palestiniens au Proche-Orient.
À ce total, il faut ajouter plus d’un million de Palestiniens qui ne vivent pas en Palestine : 500 000 en Arabie saoudite, 400 000 au Koweït, 200 000 aux États-Unis et environ 80 000 en Égypte.
Les réfugiés de Jordanie ont la nationalité jordanienne ; et ceux des autres pays n’ont généralement pas la nationalité de leur pays de résidence.
La catastrophe
En 1948 a eu lieu la Catastrophe, ou comme le disent les Palestiniens : la « Nakba ». La déclaration par Ben Gourion de l’indépendance de l’État d’Israël s’est faite dans le sang, les massacres et la terreur. Un million de Palestiniens ont été chassés de leur maison. Car contrairement à un mythe sioniste, il y avait des Palestiniens en Palestine en 1948 et ils ne sont pas partis de leur plein gré.
Des camps de réfugiés ont été construits en urgence : en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans les pays arabes voisins : la Jordanie, le Liban, la Syrie. La guerre des Six Jours en 1967 va provoquer une nouvelle expulsion et une nouvelle vague de réfugiés. La résistance s’est mise en place et des commandos palestiniens ont lancé des attaques contre l’armée israélienne à partir de la Jordanie et du Sud-Liban. Mais le régime jordanien s’est aussi senti menacé par la force des fedayins palestiniens. Ce sera le fameux Septembre noir en 1970 : toute présence palestinienne armée sur le sol jordanien est éliminée, après d’âpres combats. Les résistants palestiniens se regroupent alors dans les camps au Liban.
Le massacre de Sabra et Chatila
Suivent alors des tensions interminables avec l’armée libanaise, syrienne et des groupes libanais hostiles à la présence des Palestiniens au Liban. En 1982, suite au siège israélien du Liban, presque 10 000 combattants palestiniens quittent le Liban pour des pays tiers. Et, en septembre 1982, c’est le massacre de Sabra et Chatila. Ces camps à Beyrouth étaient encerclés par l’armée israélienne, qui y envoya les phalangistes, une milice chrétienne d’extrême droite. Plus de 3 000 morts. Une commission du gouvernement israélien condamne plusieurs dirigeants de l’armée israélienne pour leur responsabilité indirecte lors de la conduite de cette opération. Une autre commission plus indépendante considère Israël comme « directement responsable du massacre du fait de sa position d’occupant ».
La situation des réfugiés en particulier dans les camps reste d’une fragilité extrême depuis 64 ans. Au Liban par exemple, une toute nouvelle loi interdit aux Palestiniens de posséder une maison hors des camps. Résultat, n’importe quel étranger (y compris un Israélien avec une double nationalité) peut acheter une maison au Liban, mais un Palestinien n’aura plus le droit d’être propriétaire ou de léguer un bien à ses enfants…
Le droit au retour reste la revendication incontournable des réfugiés. Aucune négociation, si tant est que le gouvernement israélien veuille négocier quoi que ce soit, n’aboutira sans la reconnaissance de ce droit. Mahmmoud Abbas, à la tribune de l’ONU, n’a pas évoqué le sujet.
Mireille Court

BDS : « une campagne internationale, citoyenne et non violente »

Entretien. Dans le mouvement de solidarité, le NPA est engagé, avec d’autres organisations, dans la campagne internationale Boycott, Sanctions, Désinvestissement (BDS). Rencontre avec Imen, animatrice nationale de la campagne.
Peux-tu nous présenter la campagne BDS ?

La campagne BDS est a été lancée en 2005 par plus de 171 associations civiles palestiniennes. Un an après que la Cour internationale de justice a déclaré le mur de l’apartheid illégal au regard du droit international, en 2004. C’est une campagne internationale, citoyenne et non violente qui s’inspire de la lutte victorieuse contre l’apartheid en Afrique du Sud.
Quelle est l’actualité de la campagne française ?
La campagne BDS France est en ce moment très mobilisée contre l’Euro espoirs (championnat d’Europe de football espoirs) qui est prévu en juin 2013 en Israël. Il y a déjà eu plusieurs mobilisations, dont une journée d’action nationale contre l’Euro espoirs en Israël le 13 octobre dernier, qui a permis une action coordonnée au niveau national dans plus de 15 villes !
Quelles sont les victoires déjà enregistrées par BDS aussi bien en France que dans le monde ?
Au niveau français, nous avons contribué à la faillite de l’entreprise israélienne « Agrexco » qui était l’une des cibles prioritaires de la campagne BDS France. Au niveau mondial, Véolia, qui est impliqué dans de nombreuses violations du droit international en Palestine occupée, a perdu et continue de perdre de très nombreux contrats avec des municipalités par exemple.
Au niveau du boycott culturel, nous remportons aussi de nombreuses victoires. Le dernier exemple en date en France date de septembre 2012 : il s’agit de Peter Brook qui devait se produire en Israël. La campagne BDS France lui avait fait une lettre ouverte et a proposé aux camarades palestiniens du PACBI (Palestinian campaign for the cultural boycott of Israel) et à d’autres de lui écrire également. Il a finalement annulé !
Pourquoi le mouvement de solidarité doit-il absolument rejoindre la campagne ?
Parce que cette campagne, à la portée de chacunE d’entre nous, exerce des pressions concrètes vis-à-vis d’Israël. La campagne BDS, c’est la réponse à l’impunité d’Israël, un moyen d’agir efficacement contre l’apartheid.
Propos recueillis par Antoine Chauvel

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