Le petit berger qui devint communiste

la 28è partie :  Janvier 1984, nouvelle arrestation

Octobre, novembre et décembre 1983, furent des mois d’intenses activités. En plus de la préparation des cours, il fallait préparer le premier numéro du journal, participer aux activités de l’AMDH, intervenir dans les facultés… la résistance populaire reprenait de l’ampleur, le train de la lutte des classes n’attendait pas les trainards.
Face à la crise économique, au déficit budgétaire, à la crise de l’enseignement…l’Etat décida de supprimer certaines subventions en les remplaçant par des «bons» à distribuer aux pauvres…Ce fut « la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase ». Les pauvres et les étudiants descendirent dans la rue, surtout à Marrekech, Kasr kebir, Nador, Tétouan…et ce, à partir du lundi 16 janvier 1984. La direction nationale d’ILAL AMAM appela au soulèvement général contre la tyrannie de Hassan II.
  Le régime n’hésita pas à utiliser les grands moyens : chars, hélicoptères…les innocents tombent par centaines sous les balles des forces de répression. La ville de Casablanca où se tenait le sommet de la «l’Organisation de la conférence islamique» (aujourd’hui : l’Organisation de la coopération islamique), fut bouclée et quadrillée par les diverses forces de répression.
A partir du jeudi 19 janvier 1984, le soulèvement prenait de l’ampleur, gagnait d’autres régions. Et à partir du vendredi 20 janvier, des tracts d’origines diverses appelaient le peuple marocain à entamer une grève générale à partir du lundi 23 janvier 1984. La baraque du makhzen prenait du feu.
Le dimanche soir du 22 janvier, Hassan II s’adressa à «la nation», il s’en prit à ILAL AMAM, aux islamistes, aux étudiants, aux élèves, traitant les bourgeois de froussards, insultant dans un langage vulgaire les masses populaires, menaça les rifains, tout en leur rappelant les massacres de 1958/59 qu’il avait commandés lui-même…
Les masses populaires furent traitées d’awbach (les déchets de la société). Malgré la terreur, malgré son langage de guerre, Hassan II annonça la suppression des mesures préconisées quant à la caisse de compensation. On  voyait qu’il avait peur. Il devrait lâcher du leste.
A part ILAL AMAM, aucune autre force politique, n’avait osé prendre position pour le soulèvement populaire.
 Après avoir écouté le discours télévisé du tyran, l’ex petit berger dit à sa compagne : je dois me préparer pour la prison. On brûla à la hâte ce qu’il fallait brûler. La nuit se passa bien. Le lundi 23 janvier 1984, le  frais professeur, avec sa blouse blanche, assistait normalement à la prestation d’une stagiaire, quand un chaouch, tout blême, arriva dans la salle et lui dit que le directeur voudrait le voir. Le nouveau prof, savait ce qui l’attendait. Il ramassa ses affaires, mit la blouse sur le cartable déposa le tout sur le bureau et quitta la salle. Dans le couloir, l’attendaient des policiers en civil. Il fut ainsi embarqué et emmené au commissariat central de Rabat et ce, sans formalité juridique aucune. L’arbitraire le plus abject. La répression au Maroc n’a jamais besoin de formalités juridiques : le procureur et le juge ne sont là que pour dire « amen » aux décisions du policier. Ils restent de simples figurants dans des scénarios/films d’horreur.
 A l’arrivée, on le fit normalement attendre dans un bureau. Après une demi-heure, il fut introduit dans un spacieux et luxueux bureau où l’attendaient autour d’une grande table 7 ou 8 personnes. Il fut invité à s’assoir. Pas de menotte, pas de bandeau noir.
C’était la séance de « discussion ». Les divers services voulaient « comprendre ». Le policier de mai 1983 était là. L’animosité se lisait sur son visage.
Je résume ici le contenu de la discussion/interrogatoire.
– Police : que pensez-vous de l’invasion d’Afghanistan par l’Union soviétique ? (Cela parait bizarre mais c’était la première question).
– L’interpelé : Je suis contre l’invasion soviétique, mais pour moi, le véritable problème c’est l’intervention de l’impérialisme, du pakistan et des pays arabes pour soutenir et armer la contre-révolution dirigée par les grands propriétaires terriens afghans qui sont contre la révolution agraire.
– La police : quelle est votre position concernant le Sahara marocain ?
– L’interpelé : Pour moi, le problème est dépassé puisque Hassan II a déclaré à Naïrobi  que le Maroc accepte le référendum d’autodétermination.
– Police : pourquoi vous n’avez pas rejoint un des syndicats existants ?
– L’interpelé : avant mon arrestation en juin 1972, j’étais à l’UMT. Il était pratiquement le seul syndicat existant. Dix ans après, à ma sortie de prison, je me retrouve avec plusieurs syndicats. Pour le moment je garde mon indépendance.
– Police : vous êtes un communiste convaincu. Pourquoi ne pas rejoindre le parti d’Ali Yata, qui est le parti communiste marocain.
 – L’interpelé : j’avais quitté en 1970 ce parti par ce qu’il n’est pas communiste.
– La police : vous parlez souvent de Tazmamart. Vous êtes certainement la personne qui a communiqué à la presse étrangère des lettres sorties de ce bagne.
– L’interpelé : certainement pas. Je n’aurais pas parlé publiquement de ce bagne si je suis l’auteur des «fuites.». Ils n’insistaient pas.
Tout se passa « normalement », c’est-à-dire, sans injures, sans menaces, à part le fameux policier, qui dit : vous voyez qu’il parle du roi sans dire  sa majesté le roi.
Aucune question sur la nature du régime, ni sur les événements qui secouaient le pays en ce janvier 1984.
Ils étaient « courtois ». Le but était de comprendre et non d’extorquer des « informations » par la torture et par d’autres moyens peu « catholiques », ou simplement de vous tabasser pour le plaisir de vous tabasser.
De cette « calme discussion », l’ex petit berger conclut qu’en une dizaine d’années, la tyrannie a pu former quand-même des policiers « intellectuels ». Des jeunes flics recrutés certainement dans les milieux « militants » estudiantins et bien entrainés par les polices américaines et françaises.
On fit sortir du bureau l’interpelé. Dans le couloir, le ton changea. D’autres individus, dont des gorilles prêts à vous sauter sur la gorge, firent descendre l’interpelé à la cave. On lui enleva la montre, les quelques sous qu’il avait dans sa poche, des papiers…les nuages sombres, accompagnés d’éclairs et de tonnerre se profilaient à l’horizon. Il fut remis à d’autres individus. La division du travail oblige !
Il fut jeté dans une chambrée puante, suffocante, ou des dizaines de personnes étaient entassées. Des drogués, des ivrognes, des pickpockets, mais aussi plusieurs «politiques».
 Il trouva devant lui le docteur Jamal Belakhdar, l’un des fondateurs d’ILAL AMA, les professeurs universitaires Abdeljali Nadem, Saïd Benjelloune, ex détenus qui avaient «abandonné la politique» depuis des années…
 Après les salutations, il leurs dit : «c’est une occasion de nous revoir ».
     Hassan II avait prononcé son discours télévisé vers 20h du dimanche 22 janvier 1984, quelques minutes après débuta l’opération généralisée des rafles à l’aveuglette et des arrestations politiquement ciblées.
 La répression politico-sociale se mélangea au racket. Hassan II avait parlé des élèves, des mineurs. Il annonça qu’il n’était plus question de faire la différence entre les grands et les petits. Ce fut une aubaine pour les ripoux. La police embarquait dans des estafettes, dans des fourgons des centaines, des milliers de collégiens, de lycéens, des innocents mineurs, pour les relâcher contre des sommes d’argent. La rançon variait autour de 1 000 dh. Le marchandage se faisait dans la rue, au commissariat…Les ripoux extorquaient l’argent sans scrupule aucun.  Les enfants dont les parents ne pouvaient pas payé se retrouvaient dans des cellules insalubres.
Le commissariat du quartier de l’Océan avait battu le record de l’arbitraire de la répression et de l’extorsion de fonds. Le patron, un certain Alaoui, aurait été blessé à la tête par un jet de pierres. Ce qui l’avait rendu fou furieux.
  Les commissariats de Rabat et de Salé étaient pleins à craquer. La police « politique » avait remis sur table les listes «noires». Il fallait embarquer tout ce monde là et ce, sans motif aucun.
  Au commissariat de Rabat, les victimes furent réparties dans les différentes cellules. La gigantesque chambrée, « la salle de réception », ne pouvait contenir ces centaines de détenus. A l’extérieur, les voleurs, les agresseurs, les violeurs, les ripoux étaient aux anges. Personne ne les inquiétait.  Hassan II n’avait parlé que des « agitateurs et autres fauteurs de troubles » politiques. La chasse à l’opposant était l’unique tâche des services de l’Etat.
 L’ex petit berger se retrouva entassé avec une vingtaine de détenus dans une cellule faite normalement pour 5 personnes. Les victimes s’arrangeaient pour que la moitié s’accroupît et l’autre restât debout, et cela à tour de rôle. Le trou/wc ne se voyait pas. Affamés, assoiffés, lassés, les détenus avaient « oublié » les besoins naturels. Les détenus avaient vécu 13 jours dans cet enfer.
 L’ex berger, menotté, yeux bandés, avaient droit à plusieurs séances d’interrogatoire. Les questions tournaient autour d’ILAL AMAM, structures, positions…autour des soulèvements populaires…Il adopta la même tactique qu’en 1972. Il «se chargea, s’enfoncer», pour montrer qu’il n’avait pas peur (je suis républicain, communiste…), mais aucun, vraiment aucun mot qui pourrait nuire à l’organisation ou à un camarade.
 Il fallait passer à la torture physique. Abdelilah Benabdeslam et l’ex petit berger furent emmenés dans le «laboratoire de torture», le lieu de l’extorsion des «aveux». On enleva le bandeau à l’ex bédouin, pour mieux voir son ami souffrir, car c’est par Abdelilah que les tortionnaires allaient commencer. Une fois l’opération entamée, ce dernier tomba raide. Il fut victime d’une crise cardiaque. Les flics furent surpris,
On le fit descendre du « perchoir ». Un flic toubib, jugea la situation critique. Dans ce grand brouhaha, des flics redescendirent l’ex petit berger, qui échappa ainsi à la séance de torture. Abdelilah fut relâché. La police avait voulu éviter le scandale d’un assassinat.
   Mohamed Sebbar avait connu un véritable enfer. Il a été torturé plusieurs fois à Rabat, puis à Tétouen… C’est le détenu qui avait été le plus torturé.
Malgré ces conditions inhumaines, les détenus rigolaient. Ils trouvaient toujours des « occupations » pour s’oublier dans ce monde de misère humaine. Il faut reconnaitre que Sebbar a une grande capacité de créativité humoristique.
 Pour les personnes qui n’ont pas vécu directement ces événements sanglants, ou qui se sont limité aux versions officielles, je reproduis ici une partie d’un article émouvant publié par la revue hebdomadaire TELQUEL, il y a de cela quelques années. Je rappelle aussi que l’Etat marocain a fait « découvrir » à son appendice, l’IER, un seul charnier  (à Nador) contenant  une vingtaine de dépouilles, alors qu’il s’agit de centaines de tués. L’Etat a fait de même avec les massacres de juin 1981 (Casablanca), et de décembre 1990 (Fès).
 Extrait de « sebtamlilya.net » :
« Dans son discours au lendemain des événements, Hassan II qualifiera les émeutiers de « awbach », littéralement « déchets de la société ». (AFP)
Il y a 23 ans, dans la ville de Nador, de simples protestations estudiantines se terminaient dans un bain de sang. Retour sur ce fameux 19 janvier 1984 qui, jusqu’à aujourd’hui, n’a pas livré tous ses secrets.
…………….
Pour les habitants de Nador, janvier n’est pas un mois comme les autres. Et pour cause, il évoque pour beaucoup d’entre eux de bien tristes souvenirs. « La douleur est chaque année au rendez-vous. Ces évènements tragiques nous ont marqués à vie », souligne, ému, ce chauffeur de taxi, qui a perdu un membre de sa famille dans les manifestations du 19 janvier 1984.        
 …………
Lors de son discours télévisé du 22 janvier 1984, dans lequel il qualifie les émeutiers de « awbach » (littéralement « déchets de la société »), Hassan II présente les événements non pas comme des manifestations populaires, mais comme « des manœuvres de déstabilisation », visant à perturber la 4ème conférence au sommet des pays islamiques, qui se tenait la même semaine à Casablanca. Et parmi les coupables, le défunt souverain pointait du doigt les marxistes léninistes, « les services secrets sionistes » et… l’Iran. Ce dernier enfonce même le clou en menaçant les habitants de la région : « Vous avez connu le prince héritier (en référence aux événements de 1958-59 durant lesquels Moulay El Hassan avait violemment réprimé le soulèvement rifain), je ne vous conseille pas de faire connaissance avec Hassan II ».
 
Tirs à balles réelles
Les manifestants, déboulant des quatre coins de la ville, convergent vers l’avenue des Forces armées royales, artère principale de la ville. Et de débordement en débordement, les rassemblements se transforment en émeute et les manifestants cassent tout sur leur passage. Véhicules calcinés, commerces brûlés, écoles saccagées, vitres cassées… C’est le chaos qui s’installe en ville. Plus tard dans la journée, un communiqué du premier ministre de l’époque, Mohammed Karim El Amrani, fera état de 7 voitures, un car de police et 11 commerces brûlés, 20 voitures et 6 écoles endommagées…
 
L’intervention des forces de l’ordre ne se fera pas attendre. Dépassées par les événements et en sous-effectifs (le plus gros des troupes étant alors à Casablanca, pour assurer la sécurité du sommet de l’OCI), les forces déployées paniquent et arrosent la foule de balles réelles. Certains parlent même d’un hélicoptère, usant d’une mitrailleuse lourde à l’aveuglette pour disperser les manifestants. Un témoignage confirmé par le journal espagnol, El Telegrama de Melilla, qui avait publié, dans son édition du 24 janvier, la photo d’un hélicoptère tirant sur des manifestants.
 
Beaucoup de Nadoris, très jeunes pour la plupart, tombent sous les balles ce jour-là. C’est le cas de Zouhaïr, 14 ans, sorti « jouer aux billes » avec son cousin, et qui reçoit un projectile en pleine tête. Ou cette petite fille de dix ans assommée d’un coup de crosse, qui ne s’en relèvera jamais, étant depuis clouée dans un fauteuil roulant.
 
Officiellement, il y eut, en tout et pour tout, 16 morts, 37 blessés (dont 5 parmi les membres des forces de l’ordre). « Ces chiffres sont ridicules, démentent de témoins de l’époque. Il y a eu beaucoup plus de morts que ce que les autorités prétendent ». Le témoignage de Lahcen Ouchlikh est éloquent à ce sujet. Blessé durant l’émeute, ce dernier reprend connaissance in extremis dans ce qui s’apparente à une fosse commune, creusée à la hâte près de la caserne militaire de Taouima, dans la banlieue de la ville. Autour de lui, il jure avoir aperçu entre 70 et 80 cadavres. Un ancien policier de l’époque parle également de quelque 84 morts. Combien de victimes exactement ont fait les émeutes de Nador ? Difficile à dire. Les corps des manifestants tombés sous les balles ont été rapidement entassés dans des camions, pour être enterrés dans ladite fosse commune. Quant à ceux qui sont décédés dans les hôpitaux, il n’y a plus aucun moyen de les comptabiliser : les archives de cette année-là ont tout bonnement disparu. Et les familles des disparus dans tout ça ? Pourquoi ne se manifestent-elles pas pour réclamer leurs morts ? « Il faut savoir que beaucoup d’entre elles ont préféré quitter la ville, voire le pays, le lendemain des événements, explique Chakib El Khyari. Et celles qui sont restées ont tout simplement eu peur de le faire ». Et quand bien même les familles auraient réclamé réparation, elles n’avaient aucun moyen de prouver que leurs proches étaient bien morts lors des émeutes. Et pour cause : les autorités avaient pris le soin de postdater les décès des victimes sur les livrets de famille.
 
Arrestations massives
Quant à ceux qui sont sortis indemnes de cette journée, ils n’imaginaient pas le calvaire qui les attendait. Dès le lendemain des émeutes, les renforts arrivent en masse dans la ville de Nador, essentiellement de la caserne militaire de Guercif. Une large campagne d’arrestations est alors entamée. Ils sont, d’après les estimations des ONG locales, près de 500 personnes à avoir été « arrêtées ». Beaucoup d’entre elles n’avaient même pas participé aux manifestations. C’est le cas de Benaïssa Belghiane, arrêté le 20 janvier 1984, alors qu’il n’avait pas quitté son lieu de travail la veille. Comme beaucoup d’autres, il a droit à deux semaines de séjour dans le sous-sol du commissariat central de Nador, subissant différentes formes de torture, avant de se voir condamner à 10 ans de prison ferme. Son beau-frère, de passage au Maroc, a beaucoup moins de chance. Une balle tirée par les militaires mit fin à sa vie. L’arbitraire a également frappé Mohamed El Ouard, qui se trouvait également sur son lieu de travail le jour des émeutes. Il est arrêté quelques jours plus tard. Verdict : 10 ans de prison ferme. Pour l’anecdote, l’un des accusés aurait même avoué au juge qu’il était en train de cambrioler un magasin à Melilia. En vain. Il a écopé lui aussi des 10 ans « réglementaires ».
 
Pour un avocat de la ville, qui a défendu certains des inculpés, les procès n’étaient qu’une formalité. Sous le sceau de l’anonymat, il assure que « les jugements étaient orientés et les verdicts connus d’avance. Le gouverneur de l’époque s’était pratiquement installé dans le bureau du président du tribunal ». En clair, les autorités locales avaient besoin de boucs émissaires, de « victimes expiatoires ». « Hassan II était furieux que cela arrive en plein sommet de l’OCI, alors que les regards du monde entier étaient tournés en direction du Maroc, analyse un activiste associatif de la ville. Certains noms étaient donnés dans le cadre de simples règlements de compte. Sinon, ils étaient cités par des gamins qui, à force d’être torturés, donnaient les noms qui leur passaient par la tête ».
 
Par ailleurs, de nombreux témoins avancent que certains membres des forces de l’ordre ont en même profité pour se remplir les poches. « Ils se présentaient chez les familles riches de la ville et les menaçaient d’arrêter leurs enfants, si elles ne leur remettaient pas des sommes pouvant grimper jusqu’à 50 000 DH », affirme un commerçant local. D’autres racontent même que l’armée aurait pillé les souks de la ville, emportant essentiellement le matériel électroménager et autres produits électriques. Visiblement, le malheur des uns a fait le bonheur des autres. »
TELQUEL

Ali Fkir
Source

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