Dilapidation de deniers publics, diplomatie indigente et camouflets à gogo

 
jeudi 14 février 2013, 13:58 ·
Le gouvernement marocain finance un projet hôtelier dans la Dominique, ancienne colonie britannique et membre du Commonwealth. Une petite île perdue, au Sud-Est des Caraïbes,
Un cadeau de deux cent cinquante millions de dirhams pour financer un hôtel de luxe de cinquante (50) chambres avec salle de conférence, spa, boutiques et marina.
Le geste du Maroc fait suite à la visite à Rabat, en juillet 2010 du Premier ministre dominicain Roosevelt Skerrit, au cours de laquelle, un large accord de coopération était signé entre les deux pays. Au terme de sa visite de deux jours, le Premier ministre avait, alors annoncé la décision de son pays de retirer sa reconnaissance de la « RASD» et de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara. Ceci explique sans doute celà.
L’AMCI, un air de déjà vu
Le Maroc s’est doté en 1986, de l’AMCI, l’agence marocaine de coopération internationale, calquée, toutes proportions gardées, sur le modèle américain des agences de coopération telles que l’USAID et qui visent à conforter, à coups de financements généreux, la politique américaine dans les pays en voie de développement. Le Maroc qui fait lui-même partie des principaux bénéficiaires de ces programmes de l’Oncle Sam, s’inspire à présent du puissant allié américains pour mener, à son tour, à bien des campagnes de séduction. On ignore si l’agence marocaine destinée à la promotion des relations avec l’Afrique et l’Amérique latine finance d’autres projets dans la régions des Caraîbes, mais on sait d’ores et déjà qu’en plus de faire des micro-crédits et des bourses aux étudiants africains poursuivant leurs études universitaires au maroc, celle-ci a déjà financé nombre de projets dans plusieurs pays africains depuis 2003, comme le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, le Cap Vert et d’autres.
Les travaux du complexe touristique dominicain avaient été lancés en septembre 2011, en présence du directeur général de l’AMCI, Youssef Imani. L’achèvement du chantier est prévu pour fin octobre 2013.
 
 
Pour qui connaît le Maroc, la nouvelle a quelque chose d’indécent, la nature des projets financés en Afrique sont de la même nature que ceux dont manquent cruellement les campagnes marocaines et particulièrement l’Atlas où l’on meurt encore de froid, d’enclavement, d’absence de couverture médicale et de malnutrition. D’autant que la générosité du Maroc qui dépense, ainsi, sans compter est en pure perte et en totale inadéquation avec la médiocrité de sa diplomatie qui lui aura valu plusieurs camouflets récents :
Les camouflets se suivent et se ressemblent
Le premier, lors de la réunion de l’internationale socialiste qui s’était tenue les 4 et 5 février à Cascais, au Portugal, qui a vu une conférence acquise aux thèses du front polisario, membre observateur depuis 2008. La déclaration finale de la conférence a exprimé le soutien de ses membres « au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui » et sa recommandation de voir « la mise en œuvre urgente de toutes les résolutions de l’ONU et de l’Union Africaine garantissant ce droit ».
La forte présence de la délégation USFP à la conférence, sous la direction de Habib Malki n’aura pas contribué à atténuer les termes du communiqué et la défiance des participants, envers la position du Maroc, auquel il est reproché sa politique sécuritaire brutale, sa répression des voix discordantes et la prédation économique au Sahara.
Pratiquement au même moment, une autre volée de bois vert nous a été administrée par le parlement européen, qui, a eu à se prononcer le 7 février, sur la vingt deuxième (22) résolution du conseil des droits de l’homme des nations unis. Par deux cent quatre-vingt trois (283) votes pour, cent quatre-vingt quatre (184) contre et dix (10) abstentions les députés ont adopté la résolution où le parlement « fait part de ses préoccupations au vu de la violation permanente des droits de l’homme au Sahara occidental; appelle à la protection des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental, y compris la liberté d’association, la liberté d’expression et le droit de manifester………… demande que soient libérés tous les prisonniers politiques sahraouis »
Ces deux défaites font suite à une troisième, lorsque le 5 décembre 2012, le Sénat Suédois reconnaissait la RASD comme état représentant le peuple sahraoui et recommandait au gouvernement suédois de reconnaître officiellement la RASD comme Etat.
Tant va la cruche à l’eau…….
On le voit, le Maroc qui est resté des décennies durant, sourd à tous les appels de la communauté internationale, l’invitant au respect des droits de l’homme et au dialogue, en est, à présent, réduit à financer des deniers publics, d’improbables projets, pour s’acheter la complaisance de sombres républiques au fin fond du monde, pendant que son arrière-cour gronde de protestations et de récriminations de ses voisins immédiats.
Notre diplomatie confiée à des incompétents notoires, obnubilés par leur enrichissement personnel, plutôt que par l’intérêt supérieur de la Nation, nous vaut de cumuler des échecs retentissants qui annoncent que le moment crucial de payer la facture est tout proche. Et ce ne seront ni quelques tagines, ni quelques chambres dans des hôtels de luxe, qui épargneront aux responsables de cette gabegie, la déconfiture finale.
 
Par : Salah Elayoubi, lundi 11 février 2013.
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