Abraham Serfaty : Pour la libération humaine

Pour la libération humaine
Recherches internationales / N° 36 / Eté 1990

Ces lignes sont écrites en ces journées des 14 et 15 octobre 1990, alors que pèse l’angoisse d’un prochain déclenchement de la guerre impérialiste américaine pour écraser le peuple irakien coupable d’avoir attenté à un « droit » international qui n’est en cette région depuis le début du siècle que l’expression des intérêts du capitalisme international .
Persister dans un tel contexte à poser l’objectif de libération des peuples arabes de toute oppression dans un cadre universel relève d’une gageure que nous essaierons de relever.
Mais il nous faut tout d’abord la situer : en moins d’un an, et depuis l’ouverture du mur de Berlein jusqu’au communiqué Busch-Gorbatchev à Helsenki, tous les mythes qui permettaient au mouvement de libération arabe d’escompter un appui « sur et fidèle » de l’alliée soviétique et des pays considérés comme constituant le «camp socialiste », tous ces mythes se sont effondrés. De plus, en ce moment précis, ce même mouvement a abandonné tous le progrès idéologique qu’il avait pu paraitre effectuer depuis 23 ans à la suite de la défaite du nationalisme arabe petit bourgeois en juin 1967, pour se ranger précisément et de façon critique sous la bannière d’une forme encore plus exacerbée et mystique de ce même nationalisme. 
Nous persistons cependant, pour des raisons objectives et partant aussi des acquis de ces vingt années, notamment dans la lutte révolutionnaire au Maroc, à penser, tout comme nous l’écrivions en aout 1970, que « révolution arabe et révolution mondiale » sont indissolublement liées et c’est ce que nous nous efforcerons, sinon de démontrer – tout au moins de situer en la présente communication, en précisant davantage le cas du Maroc.
C’est pourquoi nous partirons des problèmes concrets qui se posent ici, au Maroc, problèmes qui se situent, pensons – nous, dans la problématique générale de la libération humaine et peuvent contribuer à en éclairer certains aspects dans l’effort commun des militants révolutionnaires pour la construction d’un universel supérieur (pour reprendre la belle expression d’André Tosel).

L’OPPRESSION
Le problème central qui concerne les masses laborieuses marocaines – elles – même constituant 80% de la population marocaine – est celui de l’oppression, dont le concept homologue en théorie économique est celui de surexploitation.
Le premier de ces concepts a été décrit et analysé avec pertinence par le grand militant brésilien Paulo Freire dans sa Pédagogie de l’opprimé. Le second a été mis en lumière par un autre penseur brésilien, Ruy Mauro Marini, dans sa Dialectique de la dépendance. Cette dernière étude a eu le mérite de montrer comment les fondements objectifs de la « théorie de la dépendance », isolés par celle – ci de leur contexte interne, s’articulent au contraire avec la lutte des classes dans la formation sociale dominée et comment la conjonction de cette dépendance et de l’exploitation capitaliste conduit dans une telle formation à la surexploitation des masses laborieuses, ouvrières et paysannes, la surexploitation étant définie comme ne permettant pas, à la différence de l’exploitation capitaliste classique analysée par Marx dans Le Capital, d’assurer la reproduction de la force de travail.

Une telle surexploitation a son prix en matière politique : elle ne peut être assurée que par l’oppression des masses laborieuses, ce qui non seulement dénie la possibilité dans ces pays d’une démocratie bourgeoise conséquente (c’est pourquoi ces pays ne peuvent qu’osciller entre « dictocratie » et « démocrature » , sauf l’issue révolutionnaire) mais doit parvenir à nier jusqu’à leur qualité d’être humains à ces masses laborieuses et cela se traduit entre autres par la destruction du su substratum socioculturel et même physique qui avait fait depuis des siècles, sinon des millénaires ( 4 000 ans dans le cas du Maroc) la personnalité même de ces masses laborieuses.
J’ajoute qu’un tel processus n’est pas pour nous au Maroc abstrait ni théorique ; il a été analysé dans ses manifestations concrètes entre autres par Majdi Majid dans le livre La luttes des classes au Maroc depuis l’Independence, ainsi que dans plusieurs textes du mouvement révolutionnaire marocain, notamment dans le journal Ilal Amam. 
Cette réalité de l’oppression des masses laborieuses implique que pour celles – ci lutte de classe et libération sont indissociables.
Il nous faut préciser ici le concept de libération dans ce contexte concret : la libération se conjugue avec la lutte des classes pour détruire le pouvoir d’Etat oppresseur et destructeur de l’identité nationale et les fondements socio-économiques de la structure compradore qui le sous-tend : elle est la reconquête de cette identité nationale dans son contenu populaire concret fondé au premier chef sur la symbiose millénaire des communauté paysannes avec leur terre – et non de ses formes mythifiées par la bourgeoisie et la féodalité – une telle reconquête, ainsi fondée, vise à revérifier cette symbiose, non dans un retour au passé, mais afin de, par la libération des forces productives nationales, retrouver les chemins ascendants de leur propre culture ( suivant la définition d’Amilcar Cabral) ; ce faisant, de tels chemins ascendants convergent nécessairement avec l’ascension générale de l’humanité vers cet universel supérieur. 

Il appartient donc aux forces révolutionnaires d’articuler étroitement dans leur action comme dans leur programme ces deux composantes de la lutte révolutionnaire ( dans le cas contraire, la lutte des classes seule débouche sur le réformisme et sur la conception techniciste du « développement » , laissant la voie libre aux forces rétrogrades qui mythifient la « libération » dans le retour au passé ; mais suivre ces forces rétrogrades en abandonnant la lutte des classes conduit au désastre qu’a connu le mouvement révolutionnaire iranien ).
Au Maroc et au plan national, cette articulation est facilitée par la nature même du régime, désormais mieux connu en France grâce à un livre récent. Ce régime a pu, pendant un temps, gagner à lui les classes moyennes grâce aux facilités offertes au milieu des années 70 par une politique d’endettement à outrance et surtout grâce à l’utilisation chauvine de la question du Sahara occidental. Le premier volet a fait long feu depuis plusieurs années et le second aboutit aujourd’hui à l’impasse, d’où les contradictions qui se développent entre ces classes et le régime de la grande bourgeoisie compradore et des grands propriétaires terriens.
Mais au niveau des masses laborieuses, la question du sahara occidental n’a pas été en mesure de détourner les luttes plus de quelques années, et celles – ci connaissent une acuité croissante, bien que de façon discontinue, depuis le début des années 80. 

LA NEGATION DE L’IDENTITE NATIONALE

La personnalisation même du régime jusque dans la vie économique et sociale rend beaucoup plus concret (presque trop, pourrait-on dire, car il ne faut pas oublier pour autant l’ennemi de classe comme classe et comme structure socio-économique) l’antagonisme de classe aux yeux des masses laborieuses. Celles- ci voient en même temps clairement la nature compradore et de négation de l’identité nationale de ce régime dans tous les domaines, depuis les manifestations les plus ordinaires d’une « culture » de pacotille jusqu’à l’envoi des troupes dans le Golfe au coté des troupes américaines.
Mais cela est vrai aussi aux différents niveaux de la vie sociale, notamment au plan régional. Si, dans un certain nombre de campagne du « Maroc utile » (au sens de Lyautey), les notables locaux – le « défenseur du trône » de Rèmy leveau – ont pu s’enrichir de façon sensible par le développement de l’exploitation capitaliste de ces campagnes, pendant que la proportion de paysans sans terre atteignait 75% au début des années 80 (au plan national) , contre 66% dix ans auparavant. Et cette proportion n’a cessé de s’accentuer depuis, sans meme que se crée un prolétariat agricole permanent que ces propriétaires riches évitent soigneusement. En revanche, dans la « périphérie » marocaine, ces montagnes qui constituent le cœur historique du Maroc, les principaux notables ont le plus souvent abandonné les campagnes à leur destruction pour s’intégrer aux processus capitalistes des villes, mais les paysans, comme leurs enfants refoulés par la misère sur ces mêmes villes ou émigrés dans les bagnes industriels de l’Europe, sont seuls désormais face à l’oppression et la destruction de leurs terres ancestrales. Et la violence des insurrections qui ont soulevé en 1984 toutes les villes du Rif (au sens large : Rif et Jbala) et certaines des campagnes environnantes, montre bien qu’ils n’acceptent pas cette oppression. Ici, la conjonction de la lutte des classes et de la défense de l’identité, une identité concrète, non mythique, devient immédiate. 
De même, à partir des réalités sociologiques différentes, dans une ville comme Casablaca ou dans les grands centres miniers comme Khouribga, Youssoufia et Jerada, riches les uns et les autres de traditions de leurs luttes prolétariennes depuis prés d’un demi siècle ( sur ces origines, voir les travaux d’Albert Ayache), les masses laborieuses, la classe ouvrière en premier lieu, n’ont guère besoin de longues démonstrations pour comprendre quel est l’ennemi de classe et que celui – ci est en même temps l’ennemi national ( ce même 14 octobre – 1990- le régime s’est chargé de renouveler cette démonstration en interdisant par la force la manifestation organisée à Casablanca par la Confédération démocratique du travail en protestation contre le massacre perpétré par le sionisme à Al Qods, Jérusalem, ce 8 octobre).

A partir de telles réalités, les militants révolutionnaires n’ont pas seulement à aider ces masses laborieuses à organiser toujours mieux leurs luttes afin de desserrer l’étau répressif du régime et conquérir des espaces, aussi limités soient- ils, de libertés, tout en sachant se garder de tout rêve réformiste d’une démocratisation possible du régime.
Ils ont aussi à dégager avec ces masses et à partir des luttes et de leurs enseignements, la perspective révolutionnaire, celle qui ouvrira la voie à la fin de l’exploitation de classe – et dans un premier temps, à la fin de toute surexploitation par la destruction de la structure compradore et de son Etat- et à la fin de toute oppression. D’où la nécessité non seulement d’éclairer au fur et à mesure la stratégie révolutionnaire et de s’organiser mieux en conséquence, mais d’élaborer un programme révolutionnaire concret et réaliste qui répondre à ces aspirations, un programme pour en terminer avec la domination imperialo-compradore sur le Maroc et pour assurer l’épanouissement des forces créatrices des masses laborieuses marocaines, et avec elles, de tout le peuple, en un mot, un programme de libération du peuple par le peuple. 

LE RESPECT DE L’ETRE HUMAIN

Mais c’est là ou le concept de libération prend son contenu concret. 
a) Libération signifie le pouvoir du peuple et l’expérience amère du peuple marocain lui a déjà montré qu’il ne peut attendre un tel pouvoir d’une démocratie parlementaire, aussi sérieuse soit- elle, mais repose toujours sur la foire électorale aux beaux parleurs et il sait ce qu’il peut attendre du jeu de ces « élites » qui se sont compromises outrageusement avec le régime. D’où la nécessité de poser comme objectif le pouvoir des conseils populaires et d’élaborer, aussi bien aujourd’hui en théorie que demain en pratique, les gardes- fous qui permettront à tel pouvoir de ne pas connaitre les dégradations d’expériences précédentes ; d’où l’importance pour nous d’expériences de démocratie directe dans les révolutions du Tiers – Monde, comme celle des premières années de la Révoltions sandiniste ou du dynamisme nouveau de la Révolution cubaine.

b) A cet égard, si nous rejetons les formes perverties que prend aujourd’hui la « nouvelle pensée » en Union soviétique , nous devons au contraire nous inspirer de son aspect positif initial pour dépasser les blocages qui ont pesé sur le marxisme depuis la fin des années 20, ou même dans les excès de « communisme de guerre » des années 1918-1920 et prendre notamment en considération l’apport idéologique et politique de la révolution française de 1789-1794 et de ses fondements idéologiques, politiques et culturels dans la philosophie des lumières . En particulier, le respect de l’individu et ses droits de l’être humain, jusque dans leur acceptation rejetée comme « bourgeoisie » doit être absolument intégré au programme et la pensée révolutionnaire marocaine, ce qui, heureusement, est aujourd’hui en cours grâce notamment aux dures leçons des prisons. Et il est important de noter que la lutte commune des militants et militantes amène les révolutionnaires marocains à poser sans concession possible parmi les droits à conquérir ceux liés à la libération de la femme sous tous ses aspects.

c) Si nous revenons à la définition donnée plus haut du concept de libération, nous voyons que ce pouvoir des conseils populaires doit être, dans son fondement, le pouvoir des conseils populaires locaux reposant sur la reconstitution de la symbiose millénaire entre les communautés paysannes et leur terre – ce qui implique une structure très largement décentralisée du pouvoir d’Etat jusqu’au niveau des conseils locaux en passant par les conseils régionaux et de larges autonomies régionales, d’autant plus marquées dans les régions ou prédomine l’ethnicité amazigh – berbère – ( comme modèle historique, nous préférons la Fédération de 1790 au centralisme jacobin , le pouvoir des soviets de la conception initiale de Lénine à l’Etat – Parti)

d) Mais la reconstitution d’une telle symbiose devra se situer en cette aube prochaine du 3eme millénaire de l’ère moderne, ce qui signifie qu’elle ne pourra être exclusivement rurale, mais devra s’inspirer des travaux les plus avancés sur le développement rural intégré (tels ceux des Instituts agronomiques méditerranéens), des acquis des expériences de pointe dans les pays industrialisés ou s’intègrent les initiatives créatrices fondées sur la haute technologie – une technologie légère en « capital » , mais riche en matière grise – et l’effort de renaissance locale ( telle l’expérience de Decazeville, ce berceau du socialisme français)

D’où la nécessité de donner, au niveau de l’Etat, la priorité absolue à l’éducation et à la santé ; les enfants en haillons de nos montagnes devront, une fois le Maroc libéré de l’oppression, devenir les créateurs qui feront de leurs vallées des paradis.

Tels sont quelques constituants du concept de libération pour le Maroc de l’an 2000. Nous pensons que les forces révolutionnaires en gestation ont quelques possibilités de faire d’un tel concept une réalité à la condition d’œuvrer toujours plus résolument dans cette voie en sachant pour cela s’unir et s’organiser avec la persévérance nécessaire.

Comment se situe une telle perspective dans le cadre régional arabe ainsi que dans sa nécessaire articulation avec la marche de l’humanité vers sa libération de toute oppression et de toute aliénation ?

Situons-en ici quelques linéaments

UN MAGHREB ARABO- BERBERE

1) Le cadre régional est déjà bien connu, c’est le Maghreb des peuples libres. Nous pensons que, au-delàs des difficultés actuelles, la réalité sous- jacente des peuples qui le composent et leur unité profonde répond, à des variantes prés, à des constituants analogues d’une même libération, à ceci prés que le régime libyen a pu pour l’essentiel échapper jusqu’à présent au processus de compradorisation et construire un pouvoir qui, malgré ses marques d’utopie, se situe déjà dans la voie indiquée plut haut ( naturellement, nous mettons à part pour le moment le devenir du peuple sahraoui, lié actuellement à son combat pour l’indépendance, mais sans lequel aucun Maghreb ne pourra se construire)

Précisons encore, bien que cela soit clair, que ce Maghreb sera arabo-berbère ou ne sera pas.
2) De ce fait, et avec sa spécifié concrète et non sur une base idéaliste et mythique, la construction du Maghreb des peuples se situe déjà aujourd’hui, et ce concrètement, par les luttes de ses masses, dans le processus général de libération des peuples arabes, au cœur duquel se situe la lutte de libération nationale du peuple palestinien.
Aujourd’hui, on le sait, ce processus est gravement menacé par les Etats- Unis qui pèse sur le peuple irakien et sur tout le moyen – orient. Nous ne pouvons prejuger, à l’heure ou ces lignes sont écrites, si cette menace deviendra réalité d’un jour à l’autre ou si elle pourra étre contenue, pas plus que nous ne pouvons préjuger de son issue éventuelle. Nous savons seulement qu’une telle guerre serait dramatique et qu’elle pourrait creuser pour longtemps un fossé difficile à combler entre les peuples des pays industrialisés, de l’Ouest à l’Est, et les peuples arabes. Elles donneraient au courants les plus chauvins et les plus fanatiques du nationalisme arabe, y compris dans leur variantes islamistes, une force nouvelle, bien supérieure à celle qui ressort aujourd’hui, ce qui creusera davantage encore un tel fossé.

Dans un tel contexte, il sera très difficile aux forces révolutionnaires arabes attachées à une vision internationaliste et universaliste de la lutte de libération de pouvoir surmonter de tels courants. Elles n’ont de chance de faire face à la vague de fanatisme qui pourrait submerger l’Orient arabe que pour autant qu’elles aient su auparavant à la fois ne pas céder au nationalisme arabe dans sa forme idéaliste et petite – bourgeoise et rester fermes sur les fondements justes de ce même nationalisme sans céder à la pression d’un pseudo-internationalisme qui devenait simple suivisme vis-à-vis de l’Union soviétique.

Même dans la pire des hypothèses, et non la moins probable, hélas, celle d’une guerre ou serait écrasés le peuple irakien et son pays, et défait le régime qui l’aura mené à cette aventure, les aspirations des peuples arabes à leur libération ne pourrait être étouffées très longtemps. Le peuple palestinien en premier, non seulement ne pourra être écrasé, mais au contraire, tout indique qu’il est en passe de se libérer des entraves que certaines illusions diplomatiques de la direction de l’OLP on fait peser trop longtemps sur sa lutte de ces dernières années, cette même direction commençant aujourd’hui elle-même à dépasser de telles illusions.

La lutte sera longue et dure, mais la Palestine vaincra et avec elle, tous les peuples arabes.
Puis – je ajouter ici ma conviction intime qu’une telle lutte ne peut vaincre ni par la vois du chauvinisme petit – bourgeois, ni par celle du capitulationnisme bourgeois ! Je pense que la lutte du peuple palestinien devrait retrouver la voie profondément révolutionnaire du programme stratégique de l’Etat démocratique palestinien pour toute la Palestine, conjuguant lutte révolutionnaire, y compris armée, sur le territoire palestinien, du peuple palestinien contre l’Etat sioniste et la lutte révolutionnaire des juifs progressistes de cet Etat, et en premier lieu des juifs Arabes opprimés, pour se libérer du sionisme.
Qu’une telle lutte puisse être marquée par un objectif à moyen terme, tel celui tracé par le plan de Fès – mais non la reconnaissance de l’Etat d’Israël, ni le blanc-seing au sionisme – est sans doute nécessaire, mais il ne faut pas pour cela consentir la moindre concession à cette idéologie raciste et antihumaine, y compris les juifs, qu’est le sionisme. (J’ai traité de cette question dans de nombreux textes rédigés de 1981 à 1985 dans une partie seulement a été publiée).

3) Ce qui précède souligne que l’articulation de la lutte de libération au Maghreb comme dans tout le monde arabe avec la lutte générale de l’humanité vers une civilisation supérieure qui consacrera la libération humaine, dépend étroitement à la fois de la capacité des forces révolutionnaires au Maghreb comme dans le monde arabe à dépasser les chauvinismes et les fanatismes locaux de tous ordres, et de la capacité des forces révolutionnaires et progressistes des pays du Nord industrialisé, et en premier lieu de leur classe ouvrière, à s’opposer à l’arrogance impérialiste et sioniste et tout d’abord à la guerre du Golfe, et à opposer au triomphe actuel du capitalisme une véritable alternative socialiste.
A cet égard, je voudrais tout d’abord saluer hautement la lutte des marins et de la classe ouvrière de Toulon contre la guerre impérialiste. Ils ont su lever le drapeau glorieux du prolétariat français, et celui d’André Marty et d’Henri Martin. Les peuples arabes ne l’oublieront pas.

Je voudrais aussi, à plus long terme, saluer les forces qui se lèvent ou se regroupent en Europe pour une telle alternative. Aujourd’hui ou les barrières sont levées qui divisaient l’Europe, – au – delà du u triomphe immédiat du capitalisme, les peuples et en premier lieu la classe ouvrière, dans toutes ses composantes liées à l’industrie moderne – ouvriers de production ou de conduite des automatismes, ingénieurs, chercheurs et créateurs des laboratoires – sauront, en cette vielle Europe riche de culture et de liberté, construire la voie au socialisme du 21éme siècle. Permettez – moi ici de dire ma confiance, entre autres, en la classe ouvrière d’Union soviétique, qui saura retrouver la voie d’Octobre et de Lénine, en cette classe ouvrière allemande forte de son unité retrouvée, en ces classes ouvrières françaises et espagnoles auxquelles je dois tant personnellement et auxquelles tant de liens unissent la classe ouvrière marocaine. 
Ensemble, nous construisons le monde nouveau.

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