Nouveau printemps arabe : Mohammed VI, le prochain sur la liste ?

RABAT (© 2013 Afriquinfos) – Le Maroc connaît une crise politique encore relativement jugulée, mais qui pourrait virer au drame d’un moment à l’autre. Entre oppositions au sein du pouvoir, indignation du peuple et troubles dans les pays voisins, la situation est des plus sensibles…
Jeudi 8 août 2013 | 12:48 UTC

Le roi du Maroc est-il en danger ? Mohammed VI, jusqu’ici, a été un monarque très populaire. Il a surtout réussi à traverser des périodes de crise potentiellement très dangereuses pour lui avec un certain brio, comme lors du printemps arabe de 2011. Mais ces derniers temps, on dirait que le vent tourne.

Hier, des centaines de personnes ont manifesté devant le Parlement de Rabat, en protestation à la grâce du pédophile espagnol Daniel Galvan. Là même où, vendredi dernier, la première manifestation en réponse à l’affaire avait été violemment réprimée par les forces de l’ordre. Avant-hier, un rassemblement similaire a eu lieu à Casablanca.

Même si le roi a annulé son pardon officiel et que le criminel a été arrêté à nouveau, la colère du Maroc gronde encore. Pourquoi ? Le peuple réclame une plus grande transparence de la politique, une justice véritablement indépendante de toute influence et le nom des responsables de cette énorme erreur.

Mohammed VI est sur un trône instable

Sans aucun doute, le nom de Mohammed VI est entaché. Certes, le palais royal a clamé haut et fort qu’il ne savait rien de rien. Certes, il a annulé sa grâce royale, mesure éminemment exceptionnelle. Certes, il a destitué le directeur de l’administration pénitentiaire, pour l’exemple. Et certes, il s’est empressé d’exprimer sa « compassion » et son « empathie » aux familles des victimes. Mais il n’en reste pas moins que la figure sacrée du souverain tant aimé est partiellement désacralisée à la suite du scandale.

Derrière l’affaire Galvan, c’est une crise d’une toute autre ampleur qui se dessine ; et elle arrive au pire moment, sur toile de fond d’économie en berne. Sans compter la situation politique elle-même qui, discrètement mais sûrement, est au plus mal. Mohammed VI a fait tout son possible pour museler au mieux des islamistes au pouvoir, mais le départ du gouvernement de l’Istiqlal et la démultiplication des critiques contre sa personne sont loin de renforcer sa position.

Pour certains, l’affaire Galvan est donc un prétexte, une fenêtre ouverte permettant au Maroc de déverser le trop-plein de mécontentement et d’indignation. Reste à savoir si les manifestations se changeront ou non en véritable soulèvement, plongeant le Royaume dans un nouveau printemps arabe que, jusqu’ici, il avait su éviter.

Source : Afriquinfos

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